DECARATIONS CONJOINTES
DECARATIONS CONJOINTES du Premier ministre de Grèce, Constantinos Simitis et du Premier ministre de Roumanie, Adrian Nastase, à l`issue de leur entretien officiel à Bucarest - Palais Victoria, le 5 février 2002
M. Adrian Nastase
Mesdames et Messieurs
C`est avec un particulier plaisir que je participe aux côtés de M. le Premier ministre Simitis à cette conférence de presse, afin de vous présenter les conclusions de nos discussions.
Pour commencer, je vais prier M. le Premier ministre Simitis de vous présenter ses commentaires.
M. Constantinos Simitis
Monsieur le Premier ministre Nastase,
Mesdames et Messieurs,
J`ai eu une conversation très intéressante, après celle que j`ai eue avec M. le président Iliescu. Nous avons abordé ici trois thèmes : l`entrée de la Roumanie à l`OTAN, les questions économiques et l`adhésion de la Roumanie à l`Union européenne.
Pour ce qui est de l`entrée de la Roumanie à l`OTAN, ce furent les mêmes choses que j`avais discutées avec le Premier ministre Nastase en Amérique. Toutes les décisions n`y sont pas encore prises. Nous considérons que l`entrée de la Roumanie à l`OTAN est indispensable, parce que, par la suite, ceci va aider beaucoup au maintien de la paix, à la résolution des problèmes économiques, au soutien de la Roumanie pour résoudre ses problèmes économiques.
C`est pourquoi, nous sommes tombés d`accord pour l`organisation d`une réunion à haut niveau des ministres de Bulgarie, de Roumanie et de Turquie, visant l`entrée de la Roumanie à l`OTAN. Nous considérons aussi qu`il est absolument nécessaire que la Roumanie fasse partie de l`Union européenne.
J`ai eu l`occasion de discuter brièvement, dans le cadre de l`Union européenne, avec mes collègues et avec d`autres hauts responsables compétents, étant d`accord qu`en effet, l`intégration de la Roumanie dans les structures européennes est indispensable et, à ce sujet, nous avons abordé aussi la manière que ceci puisse se réaliser. La Roumanie devra ouvrir tous les chapitres pour la négociation avec l`Union européenne. La Grèce, qui détiendra la présidence de l`UE le premier semestre de 2003, fera tout son possible pour appuyer cette candidature. Vous devez savoir que l`UE se trouve dans une phase de transformation, de changement ; on n`a pas encore décidé quel sera son aspect final, mais, dans ce cadre, seront examinées certaines situations et seront prises les décisions appropriées en ce qui concerne, aussi, le cadre nécessaire.
Les relations économiques entre nos deux pays sont, en effet, très bonnes, mais elles peuvent encore s`amplifier. M. Nastase et moi nous avons convenu d`examiner ensemble et de veiller à l`implantation du programme de reconstruction des Balkans, de manière à ce que nous puissions voir ce que peut être fait et comment on peut investir en Roumanie. La Grèce disposera de 70 millions de dollars pour la Roumanie et les deux parties se mettront d`accord pour l`utilisation de cet argent.
Une autre chose que je tiens à mentionner, c`est le fait que ces derniers temps fut abrogée l`obligation des visas pour les citoyens roumains qui veulent voyager dans l`espace de l`UE, de la zone Schengen. Nous allons collaborer ensemble de manière à ce que nous puissions combattre le crime organisé et le trafic illégal. A mon sens, les relations entre nos deux pays sont très bonnes et, notamment, bénéfiques pour l`espace de l`Europe du sud-est. Je pense, dans le même temps, que cette collaboration générale doit être institutionnalisée, prenant l`aspect d`un organe qui puisse prévenir et gérer les questions de cette zone. Nos efforts pour la paix, la stabilité et la collaboration sont constants et nous espérons continuer de la sorte.
M. Adrian Nastase
Il n`y a que très peu de choses à compléter, à ajouter. Je vais commencer par vous dire que nous apprécions tout particulièrement la visite à Bucarest de la délégation hellène, conduite par le Premier ministre, M. Simitis. Cette visite représente, en soi, un message de consolidation et de développement des relations politiques et économiques. Nous allons lancer ce même message, les minutes à suivre, au Forum organisé par les hommes d`affaires de Roumanie et de Grèce. La Grèce a un rôle particulier dans le cadre de l`UE et nous avons beaucoup à apprendre et à organiser conjointement dans le processus de dynamisation de nos négociations avec l`UE. Nous comptons tout particulièrement sur l`appui de la Grèce en ce qui concerne notre candidature à l`OTAN. L`initiative qui sera lancée à Istanbul, pour le soutien la candidature de la Roumanie et de la Bulgarie par la Grèce et par la Turquie, représente un signal très fort pour ce qui est de l`élargissement de l`OTAN vers la zone du sud.
Il est également important pour nous de travailler conjointement avec nos amis de Grèce en ce qui concerne les éléments concrets que nous avons à résoudre avant la réunion de Prague.
Notre relation avec l`UE et la manière dont nous allons réussir nous placer concernant les négociations dépendront beaucoup de notre collaboration avec les spécialistes de Grèce dont nous attendons une assistance dans le domaine de la professionnalisation des négociations et, aussi, le développement le plus ample possible des projets financés par l`UE.
Quant aux relations bilatérales, le programme grec de reconstruction et de développement des Balkans représentera un fondement pour la réalisation de projets communs de grande ampleur. Les 70 millions de dollars alloués pour des projets en Roumanie représenteront aussi une impulsion importante pour l`économie roumaine.
Enfin, je tiens à apprécier tout particulièrement notre dialogue relatif à l`application de l`entente au niveau européen pour la suppression des visas pour les citoyens roumains. Nous comprenons les difficultés que l`immigration illégale peut causer à la Grèce, c`est pourquoi nous estimons qu`un dialogue ouvert au niveau des ministères de l`intérieur et des directions consulaires des ministères des Affaires étrangères peut éliminer les mécontentements réciproques. D`autre part, la conclusion d`une nouvelle entente concernant un certain quota d`ouvriers roumains qui pourraient travailler en Grèce, un accord bilatéral de ce genre, assurera un cadre clair, dénués d`ambiguïtés en ce qui concerne, éventuellement, le désir d`un certain nombre de Roumains de travailler en Grèce.
Je tiens à affirmer, pour en finir, que nous considérons la Grèce non seulement un partenaire, mais aussi un ami, pour ce qui est de la réalisation de nos projets communs aux Balkans et en Europe.
Nous vous remercions !
