DECLARATIONS

LES DECLARATIONS DU PREMIER MINISTRE ADRIAN NASTASE - Cheia, le 20.01 2002 -


Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de me trouver ici, afin d`inaugurer, avec vous, cette réalisation technologique.

Cependant, je sais que vous attendez de moi une déclaration concernant quelques questions brûlantes. Je ne vais pas en parler beaucoup aujourd`hui, parce que j`envisage de m`y attarder plus largement demain. Je ne pense toutefois pas, que ce soit correct de ma part de m`en aller sans vous faire part de certaines réflexions, notamment parce que nous avons suivi ensemble quelques-unes des appréciations qui ont été faites au sujet d`une question un peu plus spéciale.

Je voudrais vous faire observer le fait que, ces derniers jours, on dirige la discussion vers un certain genre de problèmes juridiques et je peux comprendre cette préoccupation. Mais nous devons comprendre très bien le fait que l`intention des rapports - et je souligne, des rapports Armaghedon - fut une intention politique et l`action a eu une destination et une signification politiques. De toute évidence, ce n`est pas la peine que tous ceux qui devraient être identifiés comme les artisans de ce processus et de cette action, MM Ovidiu Iane ou Mugur Ciuvică, qui sont, en fin de compte, une partie de cette opération, présentée assez clairement, soient les seuls à payer et que le débat reste strictement dans le cadre des débats juridiques.

Il est très clair que, dans un moment important pour l Roumanie, par les rapports Armaghedon on met en cause la crédibilité des institutions de l`Etat, des institutions de ce pays, celles qui, d`une manière ou d`une autre, selon les fonctions dont elles sont chargées doivent accomplir dans cette période les objectifs majeurs de la Roumanie. Ce fut aussi ce qui s`est passé l`année dernière, après les bons résultats que nous avions obtenus par la réalisation de certains des objectifs auxquels d`autres, avant nous, n`avaient pas réussi à parvenir : je me réfère y compris à l`élimination des visas, à la dynamisation des négociations avec l`Union européenne, à la croissance économique, aux bons résultats du domaine social ; probablement qu`au début de cette année aussi il fallait donner un signal d`une grande vibration politique et lancer certaines idées ou formules politiques.

Mon interprétation va, naturellement dans ce sens. Il y a certainement des journalistes préoccupés de leur liberté d`expression, voulant continuer d`écrire ce qu`ils pensent et comment ils peuvent, qu`ils aient ou non une double vérification par leurs sources d`information, mais ceci en est une autre question. Je peux comprendre cette préoccupation. Nous devons cependant nous demander sérieusement si, au moment où, sous cette couverture d`anonymat, on encourage le manque de responsabilité et ce genre d`informations sont envoyées prioritairement aux ambassades étrangères ces actions quels que soient les problèmes mises en question, elles peuvent être considérées effectivement comme étant au service des intérêts roumains.

Arrivé à ce point je vous dirai, quand même, quelques mots et je vous prierais de me suivre, afin d`essayer ensemble de voir si les choses sont suffisamment claires. Donc les rapports ont bel et bien existé, vous les avez vus ; la zone d`où sont partis, au moins l`un de ces rapports, fut identifiée. Personne ne met en discussion le fait que ce rapport-là soit parti de l`ordinateur de M. Iane, mis il a été transmis par un portail de je ne sais pas où, aux Etats-Unis ou au Canada. Le signal est revenu sans l`adresse du départ initial, qui fut effacée - et on a l`a fait exprès - cependant, sur la mémoire de l`ordinateur, sur le hard, on a découvert les adresses et les éléments respectifs du message. Par conséquent, M. Iane reconnaît que c`est bien lui qui a transmis ces messages.

L`autre constatation, qui est à mes yeux incontestable, c`est que MM Iane et Ciuvică reconnaissent qu`ils sont amis, depuis bien longtemps. De toute évidence, ce ne fut pas M. Iane qui élabora le matériel respectif. Il lui fut remis soit par M. Ciuvică, soit par un journaliste ou quelqu`un d`autre. On retrouvera peut-être cette personne qui a remis le message à M. Iane, car il est évident que les rapports respectifs contiennent, cependant, des éléments qui ne proviennent pas seulement de sources publiques ni du suivi des articles de presse.

Je vous prie d`observer que ce communiqué a aussi des éléments qui ne pouvaient pas être obtenus sans la participation de certaines personnes qui disposent de certaines connaissances de spécialité. Mon avis est qu`à présent force est de séparer les deux plans : d`une part, le plan politique, car je pense qu`il n`y a aucun doute que ce rapport ne soit élaboré dans une zone politique - et à ce propos, permettez-moi de vous demander comment peut-on parler de la politisation de cette question par le Gouvernement, puisqu`elle fut, dès le départ, conçue en termes strictement politiques et en tant qu`action politique - et, d`autre part, la question technique, celle-ci devant être résolue par les institutions de l`Etat.

Pour ma part, je préfère me pencher sur ces éléments et faire comprendre, à nous tous, que nous sommes appelés actuellement non pas à nous jeter de la boue les uns contre les autres, mais à entamer cet effort de solidarité dont nous avons besoin. Ce n`est pas de désunion que nous avons besoin, comme vise cette opération. Il y en aura certainement certains qui iront plus loin, vont continuer dans cette voie, qui n`est qu`une autre voie perdante pour la Roumanie, lors d`un moment important pour l`avenir du pays.

C`est pourquoi, permettez-moi d`affirmer que nous sommes en présence d`une opération qui ne vise pas qu`Adrian Nastase ; d`ailleurs, la semaine prochaine j`essaierai à l`une des chaînes de télévision de présenter les points incriminés, un par un, et montrer quels en sont les éléments concrets. Le problème ce n`est donc pas qu`il faudrait que moi ou l`un des ministres nous intervenions dans ces questions, mais que, lançant ce genre de débats, nous portons atteinte, en fait, à la crédibilité des institutions et, en somme, à ceux qui sont actuellement à la tête de ces institutions. Lorsque d`autres, meilleurs que nous, accèderont au pouvoir, ils pourront mieux que nous réaliser le système de communications de Cheia, les stations digitales, les problèmes des visas, la croissance économique, et tout sera en ordre.
En fin de compte, cette question tient aussi à la responsabilité des médias. Il y en aura certainement qui protesteront au sujet de questions plus ou moins techniques. La liberté d`expression signifie, avant tout, la responsabilité de cette liberté. Au moment où nous commencerons à encourager la délation dans le pays, au moment où nous parviendrons à ne plus déceler la vérité du mensonge, pour promouvoir de telles tentatives de salir les gens et les institutions, il faudrait absolument nous poser la question pourquoi nous ne voulons pas remarquer les bonnes choses que nous faisons et nous nous retournons toujours vers les choses qui peuvent nous créer des problèmes.

C`est un comportement de singe. Et vous savez à quoi je fais allusion ou j`estime que vous le savez : les singes se grattent parfois d`une certaine manière, jusqu`à ce qu`ils parviennent à se faire mal. Ce genre de réaction me semble totalement inadéquat.

Je vous le répète, il ne s`agit pas de moi ou de mes collègues. Si l`on veut cependant encourager ce genre d`action, très bien. Nous vivons tous dans un pays libre, nous voulons poursuivre cette route, seulement il faut se rappeler qu`avec une autre équipe, que vous connaissez, nous sommes parvenus déjà à rater une autre rencontre avec l`histoire, à Madrid, en 1997. Ceux qui souhaiteraient maintenant prendre leur revanche, mettent en cause, finalement, des intérêts qui sont beaucoup plus importants que leurs intérêts personnels. Ce sont les intérêts du pays et la presse, à mes yeux - parce que j`ai suivi attentivement les discussions et les commentaires publiés - a, en ce moment, une grande responsabilité.

Je connais mes responsabilités, je sais quelles sont les responsabilités du Gouvernement, nous savons ce que nous avons à faire, mais si nous sommes obligés des jours et des heures entiers à discuter de ces questions, à mes yeux nous n`allons pas parvenir là où nous nous sommes proposé d`arriver. Nous continuerons de rester sur ces routes latérales sur lesquelles nous nous sommes souvent égarés, tandis que d`autres verront beaucoup mieux leurs intérêts. C`est là le véritable aspect de la question. Le reste : Iane, diffusion de fausses informations?sont-elles fausses, sont-elles vraies ? - est une question de mentalité. C`est une action politique à travers laquelle on vise en fait à miner la crédibilité de notre action politique à l`heure actuelle. Pour le reste, nous tournons en cercle. C`est tel article du Code Pénal, c`est tel article de la Constitution, s`agit-il de la liberté des ordinateurs - bien que nombreux soient ceux qui n`ont pas acheté les softs - tout cela c`est des histoires.

Ce ne sont pas là les véritables problèmes. Il y a eu une intention très claire de monter cette opération, c`est pourquoi nous avons tous la responsabilité de remettre ces choses en place et voir ce que nous pouvons encore en faire et continuer notre avancée. Ce sont des éclats que nous avons toujours mis en exergue - je vous rappelle leur existence dès 1990 - avec une certaine volupté que j`ai du mal à comprendre.

Je pense que nous devrions savoir séparer ce qui est important de ce qui ne l`est pas. Il n`est pas normal que perdions maintenant notre temps à parler de la manière dont se disputent différents groupes d`intérêts - et il y a des chaînes de télévision bloquées des heures entières avec ces groupes - qui dit quoi à propos de l`autre, à parler de ces questions qui, en fait, devraient être discutées d`une manière absolument calme et non pas en questions de première importance.

D`autres sont les problèmes du pays, ce sont ceux que nos avons fixés ensemble, fixés aussi par le Parlement, établis dans le programme électoral que la population a voté lors des élections et mon avis c`est que, après une année de gouvernance, certains de ceux qui ont été rejetés brutalement par la population, qui ne sont même pas entrés au Parlement lors des élections de 2000, souhaitent prendre leur revanche à ce moment, par des moyens qui, à mon avis, ne sont pas corrects. C`est cela qu`il faut, à mes yeux, mettre en évidence.

C`est pourquoi, naturellement, je ferai davantage de commentaires demain. J`attends aussi avec intérêt d`autres points de vue, mais, je répète, nous avons tous le devoir de nous détacher chaque fois de ces jeux, commandés par les uns ou les autres et qui sont, en fait, destinés à nous tenir bloqués en dehors des objectifs majeurs que nous avons et des mesures que nous devrions tous prendre dans une période compliquée, qui est dominée comme on le sait d`un très grand nombre de problèmes économiques et sociaux.

Nous sommes ici, dans le département de Prahova et il aurait été peut être mieux de parler ce qui est arrivé - je ne sais pas combien le savent - de l`industrie de défense de cette zone et des mesures qui y ont été prises, ce que nous pouvons encore faire dans ce domaine. Des milliers et des dizaines de milliers de gens dont les destins et dont les familles souffrent à cause d`une politique qui, malheureusement, des années durant, n`a fait que continuer, par commodité, à construire une réalité tout à fait en dehors de ce qui signifie le marché fondé sur l`offre et la demande, ce qui signifie, en fin de compte, l`évolution de l`armée et de l`industrie. Mais, ces choses, malheureusement, on n`a pas pu les approfondir et parfois on ne peut pas les discuter y compris à cause de ces brouillages d`image ou de son auxquels nous sommes confrontés.

Demain on en parlera davantage.

Je vous remercie beaucoup.