Thème: Lundi, le 10 juin 2013
Le chef du Gouvernement roumain souhaite un nouveau commencement dans la relation avec Berlin
Question : Quel est le but de votre entrevue avec la Chancelière Merkel ?
M. Victor Ponta: j`ai souhaité avoir cette entrevue pour rétablir les relations entre la Roumanie et l`Allemagne. L`année 2010 a marqué une pause dans ces relations sur la toile de fond de la crise politique de Roumanie. Nous souhaitons un nouveau commencement. L`Allemagne est un partenaire stratégique et un investisseur important. Les questions économiques représenteront un thème important. Nous voulons également coordonner avec Berlin concernant notre vision sur le futur de l`Europe.
Q. : En Allemagne il y a des débats ardus concernant la crainte de l`immigration de la pauvreté de Roumanie, ainsi que des Roms. Quelle en est votre opinion ?
M. Victor Ponta: J`ai suivi avec intérêt ce débat. Il a lieu aussi sur la toile de fond de la campagne électorale d`Allemagne. En dépit de cela, des études indépendantes témoignent du fait que la majorité des Roumains qui vivent là-bas (en Allemagne, ndrl) travaillent et payent des impôts. Il n`y aura pas de flux d`immigration en provenance de la Roumanie vers l`Allemagne à compter du 1er janvier 2014. Il est absolument correct que Berlin durcisse, s`il le souhaite, la législation pour les migrants. Nous voulons toutefois que cela soit fait pour tous les citoyens européens, non seulement pour les Roumains.
Pour ce qui concerne les Roms, nous estimons que leur intégration ici, en Roumanie, est une solution à moyen et long terme. Donc, nous concevons cela différemment de nos prédécesseurs. Il faut bien être réaliste : aucune stratégie d`intégration n`aura pas d`effets immédiats. Il faut changer toute une mentalité, ce qui peut durer des années, peut-être même toute une génération.
Q. : Un sujet de la crise de 2012 furent les accusations de plagiat. Le milieu universitaire continue de vous accuser d`avoir copié 113 pages de votre thèse de doctorat. Comment y faites-vous face ?
M. Victor Ponta: Du point de vue juridique les choses ont été clarifiées, du point de vue politique, ce scandale m`a causé des préjudices. Celui-ci a surgi aux moments la tension entre moi et M. Basescu battait son plein. Chaque politicien doit vivre avec des cicatrices.
Q. : Les procureurs ont rejeté une dénonciation car ceux dont vous avez copié n`ont pas voulu déposer de plaintes. Cependant, est-ce que votre dissertation est un plagiat ?
M. Victor Ponta: Non. Toutefois, du point de vue politique, restera une cicatrice. Ce ne fut qu`en épisode dans une dispute politique, dont tant M. Basescu, que moi-même, nous avons eu à perdre. Depuis les élections parlementaires de décembre dernier, que j`ai remportées, nous coopérons.
Q.: La Roumanie a des problèmes concernant la réforme de la justice, ce qui a empêché jusqu`à maintenant l`adhésion à l`Espace Schengen. Presque personne en Roumanie ne fait confiance à la justice.
M. Victor Ponta: Les gens doivent comprendre que la justice c`est la justice. Un résultat de la coopération avec M. Basescu est aussi le fait que nous avons nommé un chef de la DNA qui jouit de la confiance des partenaires européens: Mme Laura Kövesi. Je pense que Bruxelles constatera de claires améliorations.
Q. : Le coordonnateur de votre thèse de doctorat, l`ancien Premier ministre Adrian Nastase, continue de bénéficier de votre attention, bien qu`il ait été condamné pour le financement illégal du parti.
M. Victor Ponta: pour ce qui concerne M. Năstase, je suis subjectif. J`ai été et je suis un des proches. C`est lui qui m`a persuadé d`entrer dans la politique. Mais mon opinion n`y a aucun rôle.
